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Vincent Ducornetz
Conjoint

Vincent, peux-tu te présenter et nous dire quel est le lien avec la personne que tu accompagnes ?

J’ai 36 ans et je suis le conjoint de Marie, atteinte d’une tumeur neuro-endocrine gastrique, un cancer assez rare.

 

Comment as-tu géré l’annonce de la maladie ?

Quand on s’est rencontré, elle était en rémission. Et 3 mois après, on lui a annoncé une récidive. J’ai été là pour elle et j’ai voulu être réconfortant. Les mots cancer, tumeurs, métastases font très peur, c’était l’inconnu pour moi, mais grâce aux explications des médecins, celles de Marie, j’ai tout de suite eu envie de l’aider du mieux que je pouvais. J’ai compris très rapidement que j’allais avoir un rôle important à jouer, celui de l’accompagner au quotidien dans son combat. 

 

Qu’as-tu mis en place pour soutenir Marie ?

Beaucoup de dialogues, on s’est très vite juré de se dire les choses. Je ne veux surtout pas que Marie me cache quand elle est triste, quand elle a peur, quand elle se sent anxieuse. Je ne veux pas qu’il y ait de tabou entre nous et qu’elle n’ose pas me parler de sa maladie, de son traitement, des effets qu’il a sur elle et des émotions qui la traversent. Je tiens aussi à l’accompagner le plus possible lors de ses rendez-vous et examens médicaux, même si elle me dit que ce n’est pas utile. C’est important que je partage avec elle ses expériences et que j’arrive à comprendre ce qu’elle traverse. Et puis, c’est essentiel de continuer à vivre avec le cancer, de garder une certaine légèreté au quotidien, rire, sortir, faire du sport… Je fais mon possible pour que Marie ait autre chose en tête que la maladie.

 

Et toi, où trouves-tu de la force pour ne pas flancher ?

De voir Marie aussi forte m’inspire énormément, je me dis que je dois être encore plus fort qu’elle, notamment quand elle a des jours “sans”. Et la célébration de toutes les petites victoires -comme l’efficacité d’un traitement, une opération réussie donne beaucoup de force et de courage pour continuer le combat.

 

La maladie est un bouleversement.
A-t-elle eu un impact positif dans ta vie ?

Forcément. On fait plus attention à son hygiène de vie, à son alimentation, mais surtout, on profite davantage de chaque moment, même les plus simples peuvent être très heureux. On n'en a pas forcément conscience avant d’être touché par la maladie. Et puis, la maladie fait naître une grande honnêteté. Le fait de s’ouvrir à l’autre, de dialoguer renforce profondément notre relation.

 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui accompagnent un proche malade ?

Être là. La moindre petite aide peut avoir un réel impact sur l’autre, sur son moral, sur son mental. Ne pas avoir peur d’en parler à son entourage, à un psychologue. Raconter ce que l’on traverse peut faire du bien. Multiplier les petites attentions pour égayer le quotidien.Et surtout, continuer à avoir des projets. On n’oublie pas la maladie, elle est là, c’est comme ça, mais la relayer au second plan à certains moments et s’autoriser à se projeter, c’est vraiment salutaire.

Marie Fugain
Soeur