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Psychothérapie - Sylvia Moura

Sylvia Moura – Psychothérapeute – Hôpital Américain (92)

Sylvia, parle moi de toi, qui es-tu ?

 

Je suis Psychothérapeute. J’ai suivi une formation universitaire puis j’ai choisi des outils pour aider les personnes que j’accompagne depuis plus de 20 ans maintenant à l’hôpital. J’ai accompagné de nombreux malades en cancérologie et en soins palliatifs. Actuellement je suis centrée sur l’accompagnement des patients en traitement.

Comment se passe l’accompagnement des patients en traitement ?

 

C’est un moment très particulier, c’est le moment où l’on apprend que l’on a un cancer, la vie est immédiatement bouleversée. J’essaie d’accompagner les patients pour que ce moment de traitement soit aussi un moment positif dans le sens où l’on va vers une guérison. Un moment où l’on cherche et on retrouve la confiance en soi. On se forge sa propre confiance en son avenir.

 

C’est aussi un moment privilégié pour rebattre les cartes et reconsidérer sa vie. C’est l’occasion de faire un travail un peu plus profond sur ce qui nous plait ou pas dans la vie, se poser la question de ce vers quoi l’on tend. Qu’aurais-je voulu faire que je n’ai pas fait ? Que je pourrais peut-être faire ? C’est un accompagnement difficile qui se fait néanmoins dans la bonne humeur. On rit beaucoup, et c’est très spontané.

 

Ce n’est pas une vraie thérapie car ce n’est pas le lieu, ce n’est pas assez protégé pour être une thérapie, car je suis appelée au téléphone et je suis en blouse, ce n’est pas un contexte de thérapie mais on fait un travail de fond d’accompagnement de cette partie de vie de la personne. Cette tranche de vie avec les traitements et puis l’avenir.  

 

Je suis quelqu’un de profondément positive et j’essaie d’insuffler ce positivisme aux patients. De les rebooster de leur donner de l’espoir. C'est aussi un temps qui permet de déprogrammer des choses.

 

Quels conseils donnes-tu à quelqu’un qui vient d’apprendre la maladie ?

 

La priorité est de prendre un temps réel pour être en contact et accepter son ressenti. Oser plonger dans ses émotions et les accueillir va énormément aider la personne pour toute la durée du traitement. « On se prend un mur dans la figure, le ciel nous tombe sur la tête, la terre s’ouvre sous vos pieds », les mots utilisés par les patients sont des mots extrêmement forts.

Donc il y a un temps d’arrêt nécessaire pour réaliser et entrer en contact avec les émotions. De ce que l’on vit à ce moment là. Et on peut le dire haut et fort, c’est quelque chose d’affreux. Sur le coup vous réalisez que vous pouvez mourir. Ce que l’on sait tous en soi. On est tous mortels, on le sait, sauf que là ça se rapproche. Ce qui était quelque chose de lointain et d’un peu abstrait devient soudainement très proche.

 

Après ce temps où l’on est en contact avec ses émotions, il est important de se faire aider et se demander ce que l’on a envie de faire, ce que l’on a envie de vivre avec la maladie et après, et oser se demander si l’on a envie de guérir.

 

Ensuite, une fois qu’on a répondu à ces questions, on peut se demander comment agir, Chercher et trouver ce qui peut aider. Enfin c’est aussi le temps de se demander si j’ai peut être quelque chose à résoudre pour aller mieux dans ma vie, dans mon âme. « Qu’est ce que je peux faire pour être plus moi ? Pour devenir moi…

C’est important d’être en contact avec mon moi profond avec mes besoins profonds. Et répondre à cette question. Je les invite à écrire la réponse et la coller sur leur frigo afin de les garder en mémoire. « MES BESOINS PROFONDS ». Faire des choses simples, mais des choses qui nous ramènent à soi. Qui suis-je ? Vers quoi ai-je envie d’aller ?

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© 2019 Sophie Renard