>

>

Aida - Léa Moukanas

Léa Moukanas - Étudiante et présidente d'Aïda (75)
 

Léa, qui es-tu ? Pourquoi as-tu créé l’association Aïda ?

 

J’ai 19 ans, je suis étudiante à sciences-po en seconde année, j’ai créé l’association Aïda quand j’avais 15 ans. Aïda était ma grand-mère, elle est morte d’une leucémie en dix-sept jours.
J’ai voulu m’engager et je me suis rendue compte qu’il était très difficile de s’engager à l’âge de 15 ans. Lorsqu’on appelait les hôpitaux, mes amis de promo et moi-même (on était 75), en se faisant passer pour une immense asso qui avait des bureaux, on se faisait rembarrer

dès qu’on donnait notre âge. Cela, alors qu’à l’hôpital, il y a pleins de jeunes qui ont notre âge qui ont besoin et envie de voir des gens de leur âge.

 

Parle moi de l'association, quelle est la mission d'Aïda ?

 

L’association Aïda défend quatre valeurs, les quatre C : confiance, cohésion, compréhension, compétence.

L’association Aïda a trois enjeux :

 

1 - L’aide aux patients : interventions à l’hôpital et à domicile, on prend en charge la famille dans sa globalité, les parents, les frère et sœur qui sont souvent exclus…

ex : On peut s’occuper des frère et sœur pendant que les parents sortent. On fait des activités avec le malade et les frère et sœur. Quand on fête l’anniversaire du jeune malade, on fête aussi l’anniversaire des frère et sœur. On peut aussi aider financièrement, par le biais des assistantes sociales qui sont bénévoles de l’association et qui aident les familles qui vont faire un état des lieux des finances de la famile et qui va les aider à solliciter des aides publiques, s’ils ont tout sollicité et qu’ils ont des soucis pour payer leur loyer ou d’autres frais. On soutient parfois des familles pendant 3 ans. Il faut savoir que parfois il y a des familles qui dorment sur le parking de l’hôpital. On est là au quotidien pour la famille. Notre rôle c’est de faire en sorte que l’environnement dans lequel baigne l’enfant ou l’adolescent soit le plus stable possible et permette à la famille de se concentrer sur ses enfants et non pas sur des contraintes financières ou logistiques.

 

2 - Le financement de la recherche médicale : on a créé un conseil scientifique qui reçoit des appels à projets chaque année, en recherche fondamentale essentiellement la recherche fondamentale sur les leucémies et les tumeurs solides (tumeurs cérébrales et musculaires…) chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Dans la recherche médicale, il y a aussi la promotion des chercheur comme étant des individus plus que des blouses blanches

 

3 - Encourager les jeunes à s’engager : Aller dans les collèges et dans les lycées et dans des universités pour montrer que quelque soit l’âge, on peut s’engager et être acteur du changement… Je reçois beaucoup de messages de jeunes qui disent qu’ils veulent s’engager mais qu’ils ont 14 ans. Je voudrais transformer le "mais" en "Et" et je voudrais sensibiliser 16.000 jeunes dans toutes la France.

 

Léa, quel conseil voudrais-tu donner à une personne qui vient d’apprendre qu’elle est malade ?

 

C’est facile de donner des conseils quand on ne l’a pas vécu. En revanche, lorsqu’ils sont malades, les jeunes se renferment beaucoup sur eux, et je le comprends car leur corps change. Mais il est vraiment important de garder le lien avec les autres à l’hôpital, avec les parents, avec les amis.

 

Quand on les encourage, on les traine parfois hors de leur chambre, pour nous accompagner, avec les autres à notre week-end annuel et « magique » de fin juin, ils rentrent en disant qu’ils auraient aimé que cela dure plus longtemps, et ca fait du bien de se rendre compte qu’il y a d’autres gens bien qui ont un cancer. 

 

En quoi cette association a t'elle changé ta vie ?  


Cela m’a ouvert à un monde que je ne connaissais pas du tout. Aïda me sort chaque jour de ma zone de confort. Je me prends souvent des claques et ça me fait du bien. Mais aussi et surtout, j’ai rencontré des gens EXTRA ordinaires qui m’ont fait comprendre deux choses :

 

  1. La vie est dure ET elle est belle

  2. On ne peut pas prendre soin des autres si on ne prend pas soin de soi. J’en ai récemment pris conscience et cela a été bouleversant dans ma façon d’appréhender l’asso. Si l’équipe va bien, l’asso va bien….

Rejoignez-nous :

  • Facebook
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube

© 2019 Sophie Renard