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Shiatsu - Laurent Brunaud

Laurent Brunaud – Praticien de shiatsu – Médecine Chinoise et Pharmacopée – moxibustion

Qui es-tu, pourquoi es-tu devenu praticien shiatsu ?

 

Je voulais faire médecine car j’étais passionné, mais du jour au lendemain j’ai changé pour faire des études de lettres et devenir prof de lettres. Au début de ma carrière de prof, je pensais néanmoins apprendre la médecine chinoise mais c’était inaccessible jusqu’à ce que je rencontre une enseignante shiatsu, Isabelle Laading. Isabelle a fondé Nonindo, une école de shiatsu en Saône et Loire où j’ai commencé la formation : Médecine chinoise, pratique du shiatsu, qi gong.

Le mix de la spiritualité et de la médecine chinoise qui est très holistique m’ont séduit.Isabelle a elle-même été formée par un maître japonais, un moine zen qui a ouvert pas mal de centres de soins dans le monde.

J’ai donc beaucoup pratiqué le shiatsu familial (sur des amis ou ma famille) pour me faire la main avant de passer le diplôme et de démarrer de façon plus professionnelle. J’ai été diplômé fin 2005. C’est essentiel de pratiquer pour progresser. J’ai démarré professionnellement il y a 10 ans.

 La durée minimale des études et de trois ans mais je continue à me former car, dans le domaine, ce n'est jamais vraiment terminé !

 

Qu’est ce que le shiatsu ?

 

Le shiatsu signifie pression (atsu) des doigts (shi). Le praticien exerce des pressions avec le pouce sur l'ensemble du corps (le patient restant vêtu durant la séance), le long du trajet des principaux méridiens et en particulier certains points bien précis, les points d'acupuncture. Être présent pour l’autre ce n’est pas forcément vouloir le bien de l’autre, c’est être avec l’autre et c’est ÇA qui lui fait du bien.

 

Au japon la personne est allongée sur le sol, la posture du praticien est essentielle. Il est essentiel de garder le contact avec la terre (le shiatsu traditionnel s'effectue au sol) pour ne pas être déséquilibré dans sa posture intérieure et extérieure. Les appuis sont primordiaux, le praticien doit trouver le bon équilibre pour rester en quelque sorte « chez lui », sans être entraîné par l'autre, tout en restant présent à l'autre.

 

Comment se passe un soin de shiatsu ?

 

Les dix premières minutes, je pose quelques questions. La personne parle d’elle, de ses douleurs physiques : quelle problématique amène-t-elle ? Comment les exprime-t-elle ? J’observe sa façon de parler, de bouger, de respirer. Puis la personne s’allonge au sol, dans la pure tradition japonaise. J’observe la personne, j’examine sa langue car les différentes zones de la langue correspondent aux différents organes et disent beaucoup de chose de la santé de la personne.

 

Je prends son pouls, il existe une cinquantaine de qualité de pouls différents, sous chaque point il y a un organe. Il s'agit, dans ce premier contact, de déterminer les organes ou les méridiens en déficience (manque d'énergie qu'il s'agira de faire « remonter » par le soin) ou en plénitude (trop plein d'énergie, qu'il faudra disperser). Cette observation sera confirmée par la séance de shiatsu, lors des différents passages le long des méridiens. Un soin peut être complété par la moxibustion , technique consistant à travailler certains points par la chaleur avec des moxas, sortes de gros bâtonnets d'encens que l'on approche de la peau pour faire pénétrer la chaleur dans le point, comme une aiguille d'acupuncture.

 

Ensuite la séance elle-même dure une bonne heure, je respecte un protocole bien précis, qui permet de balayer tout le corps, et qui permet de voir ce qu’il en est de la circulation et des déséquilibres énergétiques installés.

 

Il existe des shiatsus spécifiques : si une personne vient avec des problèmes digestifs ou de la tête, je consacrerai une partie de la séance à un travail sur le ventre ou la tête. Il s'agira toujours de parvenir à trouver la cause du déséquilibre, pour que, justement, le rééquilibrage puisse se faire.

En médecine chinoise on ne soigne pas selon le nom de la  la maladie, mais selon les symptômes manifestés. Si la cause est trouvée, les symptômes seront traités

 

Parle moi un peu de la médecine chinoise ?

 

En médecine chinoise, il y a cinq saisons.

Chaque saison entre en résonance avec un ou plusieurs organes et je peux proposer des exercices différents pour les stimuler et les remettre en énergie. 

 

  • L’été : le feu, la couleur rouge qui correspond au cœur. L’émotion positive la joie, émotion négative la panique ou « confusion d’esprit »,

  • L’été indien ou la cinquième saison : la terre, la couleur jaune qui correspond à la rate. L’émotion négative est « le ressassement, la cogitation », trop de mental ; l’émotion positive la confiance.

  • L’automne : le métal, le blanc, l’organe concerné est le poumon, dont l’émotion négative est la tristesse, la mélancolie et l’émotion positive la sérénité.

  • L’hiver : l’eau, la couleur noire, l’organe dominant sera le rein en relation avec la peur, en émotion négative et inversement le courage quand le rein est « solide ».

  • Le printemps : le bois, la couleur verte, l’organe sera le foie, la colère et la patience de l’esprit.

 

La rate est très sollicitée en médecine chinoise car la cinquième saison intervient à chaque intersaison.

En médecine chinoise, les émotions peuvent dérégler les organes mais les organes déréglés peuvent aussi entraîner les émotions.

C'est ce que nous révèle le double cycle d’engendrement et de contrôle (ou domination) entre les différents organes. Chaque organe nourrit ou engendre un autre organe en mode circulaire d’interdépendance. Et chaque organe en contrôle un autre. Si un organe est déficient, il ne peut ni contrôler celui qui dépend de lui ni engendrer le bon fonctionnement de celui qui lui est lié. L’enjeu est de regarder l’ensemble de la personne pour traiter le déséquilibre.

 

Comment accompagnes-tu une personne qui est atteinte d’un cancer ?

 

Le Shiatsu permet de faire circuler les énergies dans le corps. Après une séance on se sent détendu et mieux armé pour vivre ce qui est à vivre.

En effet, le corps est fatigué par la maladie et les traitements. Les traitements vont toujours taper dans le foie, qu’ils encrassent et fatiguent. La maladie affaiblit également les reins.

La chimio, quand bien même nécessaire, détruit l’énergie vitale,. Je ne préconise en aucun cas d'éviter un traitement chimiothérapeutique. Par des pressions le long des méridiens, je recueille des informations sous mes pouces, ces pressions faisant circuler l’énergie. Je la remplis là où il y a une déficience et je disperse quand elle est en plénitude. C'est ce rééquilibrage qui permet, entre autre, de renforcer le système immunitaire, de renforcer le bon fonctionnement organique et donc d'être mieux armé pour affronter la maladie.

 

Parle moi de la maladie en médecine chinoise ?

 

Si on parle de psycho somatisme en occident, de même en médecine chinoise l’aspect psychosomatique est toujours envisagé. Chaque émotion pouvant entraîner un affaiblissement organique.

 

Ainsi une grosse peur, un choc toucheront le rein ( le rein étant en rapport avec les cheveux en médecine chinoise, un rein lourdement impacté pourra engendrer une perte de cheveux, ou un blanchiment). Inversement, le rein affaibli, par une hygiène de vie erronée, du surmenage ou une grosse fatigue va engendrer la peur qui, à son tour, affaiblira le rein. Le cercle vicieux doit absolument être traité si l'on veut éviter un affaiblissement général.

 

On parle autant de psychosomatique que de somatopsychique : un déséquilibre organique peut générer un déséquilibre émotionnel ou psychique.

 

Le rein est l’organe empereur, c’est de lui dont dépend l’énergie vitale. Si l’énergie du rein est réduite à néant, il n’y a plus de vie. L’énergie du rein décline avec l’âge également.

Un des enjeux de la médecine chinoise est de préserver cette énergie du rein (en relation évidemment avec les autres organes, selon le principe d'inter-dépendance des organes entre eux). Comment ?

 

  • En recevant des soins

  • En soignant son alimentation - éviter tout ce qui va apporter du froid dans le corps, car manger froid entretient la fatigue : manger un aliment froid qui sort du frigidaire, à 4°c quand l’estomac est à 37°c. L’estomac va demander au rein de réchauffer tout cela et comme cela puise l’énergie du rein, ça le fatigue.

  • Il faut donc manger chaud, surtout en hiver et ne jamais boire avec des glaçons. Il vaut mieux boire de l’eau tiède ou chaude.

  • En pratiquant certains exercices ou certaines techniques de santé, comme le Qi Qong, par exemple, pratique parfois introduite en milieu hospitalier pour accompagner les traitement anticancéreux.

 

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui vient d’apprendre qu’elle est malade ?

 

Je l’inviterais à essayer de trouver du sens à la maladie et à tenter des soins pour accompagner le traitement qui est souvent lourd physiquement et psychiquement. Évidemment je recommanderais le shiatsu afin de soutenir l’énergie qui permettra d’autant mieux de lutter contre la maladie sur un plan physique et psychique. Si la personne trouve un équilibre, la maladie sera mieux vécue et traversée. Les séances de shiatsu vont réguler l’énergie. Après une séance, les personnes disent que « quelque chose coule en eux ». « Je ressens des zones du corps que je ne ressentais pas ». Parfois de la fatigue, ça relâche.

Les personnes se sentent recentrées avec les idées claires.

 

La pharmacopée peut aussi aider en cas de chimio, pour rééquilibrer le terrain. C’est compatible avec le traitement. Il faut néanmoins en parler avec le médecin.

Enfin l’alimentation, l’hygiène de vie, la qualité du sommeil et la détente intérieure jouent un rôle considérable sur la guérison.

Un malade est un être affaibli sur tous les plans, il s'agit d'essayer de lui permettre de retrouver de l'énergie, de la confiance, un peu de paix.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

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© 2019 Sophie Renard